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Date : 11-04-2005

2003 La santé des personnes entrées en prison

Mise en ligne : 12 avril 2005

La grande majorité des personnes entrées en prison au cours
de l’année 2003 sont des hommes âgés de 18 à 44 ans. En 2003, huit entrants sur dix ont été jugés lors de la visite médicale d’entrée en bon état de santé général à leur arrivée en prison. Mais ils déclarent beaucoup plus de consommations de substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illicites, médicaments psychotropes) que l’ensemble de la population et pour le quart d’entre eux des consommations qui se cumulent. En outre, à l’issue de l’examen médical d’entrée, une personne entrant en prison sur dix se voit prescrire une consultation spécialisée en psychiatrie. Par rapport à 1997, la prévalence des consommations à risque de substances psychoactives a eu tendance à diminuer, de même que la proportion des personnes déclarant une sérologie positive pour le VIH, le VHB et/ou le VHC. On note par ailleurs une augmentation des prescriptions d’examens de biologie et d’imagerie, ainsi que de consultations d’hépatogastro-entérologie. Les femmes et les mineurs, groupes de populations peu nombreux en prison, ont des usages encore plus importants de produits psychoactifs eu égard à l’ensemble de la population, et qui pour les femmes se rapprochent de ceux des hommes. Marie-Claude MOUQUET - Ministère de l’Emploi, du travail et de la cohésion sociale - Ministère des solidarités, de la santé et de la famille - Drees

Texte de l'article :

La santé des personnes entrées en prison en 2003

La prise en charge sanitaire des détenus nécessite une connaissance régulière de l’état de santé des personnes qui arrivent en prison. Une enquête avait été réalisée au printemps 1997, lors de la visite médicale d’entrée, dans l’ensemble des maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt des centres pénitentiaires, établissements qui accueillent la quasi-totalité des personnes arrivant du milieu libre. Cette enquête avait permis, pour la première fois, d’approcher, au niveau national les besoins de soins des futurs détenus. Son renouvellement en 2003 selon une méthodologie quasi identique donne des indications sur la situation récente et son évolution depuis 1997.
Au cours de l’année 2003, la direction de l’Administration pénitentiaire a enregistré 80 621 entrées dans les 134 maisons d’arrêt et quartiers maison d’arrêt des centres pénitentiaires. Parmi elles, 3 970 (4,9 %) ont concerné des mineurs et 3 634 (4,5 %) des femmes.

Un état général jugé bon à l’examen clinique d’entrée pour huit nouveaux détenus sur dix...

Après l’examen clinique d’entrée, les médecins jugent 80 % des entrants en bon état de santé général. À l’inverse, 1,7 % sont considérés comme étant en mauvais état général. Les entrants en prison sont très majoritairement des hommes âgés de 18 à 44 ans, groupe qui, en population générale, se considère généralement en bonne santé. Le Baromètre santé 2000 [1] indique, par exemple, que les indicateurs de santé physique et de santé perçue déclarés sont plus élevés dans cette classe d’âge et les scores significativement plus importants pour les hommes.

Par ailleurs, les médecins estiment qu’un peu plus de la moitié des arrivants en détention a besoin de soins bucco-dentaires, non urgents dans la très grande majorité des cas (95 %), sachant que 2,7 % des entrants requièrent au contraire des soins urgents. Si dans l’ensemble, la proportion d’entrants jugés en bon état général à leur arrivée en prison est un peu plus élevée en 2003 qu’en 1997, l’état bucco-dentaire des nouveaux détenus est en revanche un peu moins souvent jugé bon par les médecins.

... mais des maladies chroniques qui nécessitent la poursuite des traitements en prison

En 2003, près de six entrants en prison sur dix déclarent avoir eu au moins un recours au système de soins dans les douze mois précédant leur incarcération. Il s’agit le plus souvent d’une consultation ou d’une visite à domicile (53 % des entrants). Lorsqu’ils étaient en liberté, les nouveaux détenus avaient donc moins recours au système de soins que l’ensemble de la population (d’après l’enquête ESPS [2] en 2002, près des deux tiers de hommes âgés de 18 à 24 ans et de 70 % de ceux âgés de 25 à 54 ans ont consulté un médecin généraliste dans les douze mois précédents). Comme pour l’ensemble de la population, le recours au système de soins varie notablement chez les nouveaux détenus en fonction de leur niveau de protection sociale et de leur état de santé. Ainsi, les entrants sans protection sociale, par ailleurs nettement plus nombreux
qu’en population générale ont été seulement un tiers à déclarer au moins un contact avec le système de soins dans les douze mois précédents.
Inversement près de neuf entrants sur dix se déclarant bénéficiaire d’une prise en charge médico-sociale (allocation pour adulte handicapé, invalidité ou longue maladie, exonération du ticket modérateur au titre d’une affection de longue durée) déclarent en avoir eu un.
Ces prises en charge médico-sociales indiquent, à cet égard, la présence de maladies chroniques ou de limitations fonctionnelles nécessitant des soins ou des traitements médicamenteux à poursuivre en prison ou des aides pour la vie quotidienne. Environ 6 % des entrants en prison en 2003 déclarent ainsi souffrir de tels problèmes de santé. Les traitements médicamenteux en cours à l’arrivée témoignent, quant à eux, de maladies dont le traitement est appelé à se poursuivre en prison. Hormis les problèmes de santé mentale, il s’agit le plus souvent, en 2003, d’asthme, de maladies cardiovasculaires et d’épilepsie.
En effet, 4,4 % des entrants déclarent prendre des broncho-dilatateurs ou antiasthmatiques, 2,3 % des médicaments contre l’hypertension ou l’angine de poitrine ou des anticoagulants et 2 % des anticomitiaux. Ces fréquences diffèrent sensiblement de celles observées en population générale. Ainsi, par exemple, pour les hommes âgés de 18 à 54 ans, l’enquête ESPS relève, en 2002, des fréquences inférieures pour le médicaments anti-asthmatiques (1,7 %) et anti-épileptiques (0,9 %) mais supérieures pour les médicaments destinés au traitement des maladies cardiovasculaires (5,6 %). Les proportions d’entrants en cours de traitement pour un problème d’asthme ou d’épilepsie sont plus élevées
qu’en 1997. En revanche, celle d’entrants en cours de traitement pour des pathologies cardiovasculaires n’a pas varié.
Près de 40 % des personnes entrées en prison en 2003 déclarent par ailleurs avoir fait un test de dépistage du Sida avant l’incarcération
et 1,1 % être séropositives [3]. Parmi elles, un peu plus de quatre sur dix (44 %) ont un traitement en cours par trithérapies ou autres antirétroviraux.
De même, en 2003, un entrant en prison sur cinq déclare avoir fait un test de dépistage de l’hépatite B avant son incarcération et le taux de séropositivité déclaré pour cette maladie s’élève à 0,8 %.
Enfin, trois nouveaux détenus sur dix déclarent avoir fait un test de dépistage de l’hépatite C et 3,1 % être séropositifs pour cette maladie, très peu de ces derniers (1,5 %) déclarant un traitement en cours par médicament antiviral.
Les entrants en prison qui ont consommé une drogue par voie intraveineuse au moins une fois au cours de leur vie (6,5 % des nouveaux détenus sont dans ce cas dont un peu moins de 40 % dans les douze mois précédant l’incarcération) sont plus nombreux à avoir fait pratiquer des examens de dépistage.
Ainsi, moins d’un sur cinq déclare n’avoir effectué aucun test de dépistage
contre près de la moitié de l’ensemble des entrants. Ils sont aussi beaucoup plus nombreux à déclarer des résultats positifs. Par contre ceux qui sont porteurs d’un piercing ou d’un tatouage sans jamais avoir été usagers de drogue par voie intraveineuse (19 % des entrants) indiquent des fréquences de dépistage et des taux de séropositivité proches de ceux de l’ensemble des entrants.
La prévalence des maladies infectieuses chroniques a diminué parmi les entrants en prison entre 1997 et 2003. En 1997, elle s’élevait, en effet à 1,6 % pour l’infection à VIH, à 2,3 % pour l’hépatite B et 4,4 % pour l’hépatite C. Cette tendance est également observée pour l’ensemble de la population carcérale [4]. Cette baisse est sans doute liée à la diminution, constatée dans toutes les enquêtes de portée nationale, de la prévalence de ces infections parmi les toxicomanes [5]. Le recours moindre en 2003
qu’en 1997 au dépistage de l’hépatite B ainsi que la proportion beaucoup plus faible d’entrants en prison se déclarant atteints par cette maladie (0,8 % contre 2,3 % en 1997) peut probablement s’expliquer en partie par la diffusion progressive de la vaccination dans la population jeune. En 2003, un peu plus de trois entrants en prison sur dix déclarent, en effet, avoir eu une vaccination complète contre l’hépatite B avant leur incarcération contre seulement environ un sur sept en 1997. Plus globalement,
la part des nouveaux détenus déclarant une sérologie positive pour le VIH,
l’hépatite B et/ou l’hépatite C, s’élève à 4,2 % en 2003 contre 6,5 % en 1997.
Toutefois, ces résultats purement déclaratifs demeurent fragiles : en particulier, le calcul des séroprévalences repose uniquement sur les déclarations des entrants et non sur des résultats d’examens sanguins qui, comme en population générale, ne peuvent être systématiques.
La prescription d’examens complémentaires ou de consultations spécialisées donne également des indications sur les pathologies ou les problèmes de santé repérés à l’arrivée en prison. En 2003, un examen biologique est préconisé, lors de la visite médicale d’entrée, à près d’une personne arrivant en détention sur deux, parmi lesquelles quatre sur dix ont déclaré avoir déjà eu des examens de dépistage VIH, VHB et/ou VHC avant l’incarcération.
Environ 6 % de ces examens apparaissent donc plutôt comme un contrôle
réalisé suite à une déclaration de sérologie positive pour au moins une de ces trois pathologies. La prescription d’un examen d’imagerie (hors dépistage de la tuberculose et radio dentaire) concerne, en 2003, un entrant sur six contre seulement un sur vingt et un en 1997. Enfin,
hors psychiatrie et gynécologie, les consultations spécialisées les plus fréquemment demandées relèvent de l’ophtalmologie (1,6 % des entrants) et de l’hépato-gastro-entérologie (1,5 %).
En 2003, la prescription d’examens complémentaires concerne une fraction plus importante d’entrants en prison qu’en 1997. En revanche, la fréquence des demandes de consultations spécialisées n’apparaît pas significativement plus élevée qu’en 1997, à l’exception de l’hépato-gastro-entérologie. Dans ce dernier cas, l’augmentation constatée est très vraisemblablement due aux changements intervenus dans la prise en charge de l’hépatite C.

Des consommations de substances psychoactives nettement plus répandues que dans l’ensemble de la population

Les produits retenus dans cette étude comme « à risque » pour la santé sont des produits psychoactifs dont la consommation, licite ou non, peut entraîner une dépendance, nécessiter une prise en charge en cas de sevrage, modifier le comportement et/ou avoir des conséquences graves sur la santé. Les médicaments psychotropes, y compris ceux utilisés pour des traitements en cours, sont inclus dans l’analyse.
En 2003, près de quatre sur cinq des personnes arrivant en prison déclarent fumer du tabac quotidiennement et environ une sur sept consomme plus de vingt cigarettes par jour. La prévalence du tabagisme quotidien est plus élevée parmi les entrants en prison que dans l’ensemble de la population et ce quel que soit l’âge. Elle est, par exemple, environ deux fois plus importante pour les hommes métropolitains âgés de 18 à 54 ans (81 % contre 40 % d’après l’enquête EPCV [6]). Comme dans l’ensemble de la population, la proportion de fumeurs réguliers est plus forte entre 18 et 39 ans. Le tabagisme quotidien touche, dans cette tranche d’âge, environ quatre nouveaux détenus sur cinq contre sept sur dix entre 40 et 59 ans et quatre sur dix à partir de 60 ans. La proportion la plus importante de « gros fumeurs » (définis ici par convention comme fumant quotidiennement au moins 21 cigarettes) s’observe chez les 25-39 ans et chez les 40-59 ans. La prévalence du tabagisme quotidien
parmi les entrants en prison est toutefois restée stable entre 1997 et 2003, mais la consommation quotidienne déclarée a un peu diminué (21 cigarettes en moyenne en 1997 et 19 en 2003). En outre, un peu plus de trois entrants en prison sur dix déclarent une consommation excessive d’alcool [7]. Elle est, elle aussi, plus fréquente que dans l’ensemble de la population (19 % en 2002 chez les hommes métropolitains âgés de 18 à 54 ans selon l’enquête ESPS). La proportion de buveurs excessifs est, comme dans l’ensemble de la population, plus élevée entre 18 et 59 ans, le type de consommation évoluant avec l’âge. Avant 25 ans il s’agit très majoritairement d’une consommation discontinue. Ensuite la consommation régulière devient prédominante, une consommation discontinue lui étant toutefois associée dans environ 40 % des cas. Par rapport à 1997, la proportion d’entrants en prison se déclarant buveurs excessifs a légèrement diminué (31 % en 2003 contre 33 % en 1997). La prise en charge de l’alcoolisation excessive est aussi un peu plus fréquente en 2003 : 6 % des entrants en prison se sont vu prescrire une consultation spécialisée en alcoologie contre 4 % en 1997.
Par ailleurs, le tiers des nouveaux détenus déclare une consommation prolongée et régulière de drogues illicites au cours des douze mois précédant leur incarcération. Il s’agit le plus souvent de cannabis, trois entrants sur dix déclarant avoir consommé régulièrement ce produit dans les douze mois précédant leur incarcération. Cette fréquence élevée incarcérations motivées par des infractions à la législation sur les stupéfiants car, à l’exception du cannabis [8], l’usage déclaré de drogues illicites demeure marginal dans l’ensemble de la population. En effet, selon les statistiques de l’Administration pénitentiaire, au 1er janvier 2004, 14 % des condamnations étaient liées, à titre principal, à des infractions à la législation sur les stupéfiants. Ce type d’infraction représente actuellement le troisième motif de condamnation après le viol ou autres agressions sexuelles (22 %) et le vol simple et qualifié (18,4 %). Par rapport à 1997, la proportion d’entrants en prison déclarant une consommation régulière de cannabis augmente, alors que celle des utilisateurs d’opiacés surtout ou de cocaïne diminue. De même l’usage de drogue par voie intra-veineuse apparaît beaucoup moins fréquent en 2003 qu’en 1997 [9]. Par ailleurs, à leur arrivée en prison, environ 7 % des personnes nouvellement
incarcérées déclarent bénéficier d’un traitement de substitution, dont huit
fois sur dix par subutex [10] (environ 85% des personnes sous traitement de substitution dans l’ensemble de la population). Il est à noter que le plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool 2004-2008 comprend un objectif d’amélioration de l’accès aux traitements de substitution par méthadone en les rendant accessibles dans tous les établissements pénitentiaires [11]. Enfin, à l’arrivée en prison, près d’un entrant sur sept dit avoir un traitement en cours par médicament psychotrope. Il s’agit, dans la plupart des cas, d’un traitement par anxiolytiques (tranquillisants) ou hypnotiques (somnifères ou sédatifs). Cette proportion est nettement supérieure à celle observée pour l’ensemble de la population (selon l’enquête ESPS, la prise d’un médicament psychotrope au cours des dernières 24 heures a concerné, en 2002, environ un homme sur vingt âgé de 25 à 54 ans). Par rapport à 1997, on observe, en 2003, une proportion un peu plus faible d’entrants sous traitement par médicament psychotrope et en particulier par anxiolytique ou hypnotique. En revanche, la proportion de nouveaux détenus traités par médicaments neuroleptiques ou antidépresseurs est plus importante. Sur les dix dernières années, les indicateurs de consommation déclarée de médicaments psychotropes [12] montrent également une augmentation de la consommation d’antidépresseurs tandis que celle des anxiolytiques et des hypnotiques reste relativement stable.

En ne tenant compte que des plus « gros fumeurs », les consommations de substances psychoactives se cumulent chez environ le quart des personnes qui entrent en prison

Le quart des personnes entrées en prison en 2003 déclarent au moins deux consommations de substances psychoactives parmi les suivantes : consommation importante de tabac (plus de vingt cigarettes par jour), consommation excessive régulière ou discontinue d’alcool13, utilisation prolongée et régulière de drogues illicites dans les douze mois précédant l’incarcération ou traitement à base de médicaments psychotropes en cours à l’arrivée (tableau 6). Si l’on excepte les fumeurs quotidiens de
moins de 21 cigarettes (63 % des entrants en 2003), un entrant en prison
sur trois déclare consommer un seul « produit », le plus souvent alcool ou drogue illicite. L’association la plus fréquente, alcool et drogues illicites, concerne un peu plus de la moitié des personnes arrivant en détention qui se déclarent polyconsommatrices.
En outre, un quart de ceux qui se déclarent consommateurs de drogues illicites autres que le cannabis fument plus de vingt cigarettes par jour et 42 % ont une consommation excessive d’alcool.
Par rapport à 1997, la proportion d’entrants en prison se déclarant ainsi poly-consommateurs a diminué. Cette diminution s’est faite au profit de ceux qui se déclarent non consommateurs de substances psychoactives, consommateurs modérés d’alcool ou fumeurs de moins de 21 cigarettes par jour : leur part a, en effet, augmenté, tandis que celle des nouveaux détenus déclarant une seule consommation est restée stable.

La prescription d’une prise en charge psychiatrique concerne environ un dixième des entrants en détention et un cinquième en y ajoutant les consultations d’alcoologie et de toxicomanie

En 2003, près d’un entrant en prison sur dix déclare avoir été régulièrement suivi par un psychiatre, un psychologue ou un infirmier psychiatrique au moins une fois par trimestre ou avoir été hospitalisé en psychiatrie dans les douze mois précédant son incarcération. Un tel suivi est plus fréquent chez les entrants en prison que dans l’ensemble de la population (selon le Baromètre santé 2000, la consultation d’un professionnel de santé mentale au moins une fois dans l’année n’a concerné qu’environ un homme sur trente âgé de 12 à 75 ans [13]).
Par ailleurs, en 2003, un nouveau détenu sur dix sept déclare avoir fait une tentative de suicide dans les douze mois précédant son incarcération. Or, on estime que dans l’ensemble de la population, les tentatives de suicide
ayant nécessité une hospitalisation n’ont concerné, au cours de l’année 2002, qu’environ un homme âgé de 15 à 44 ans sur trois cent soixante quinze.
En outre, 5,1 % des entrants déclarent, à l’arrivée en prison, un traitement par antidépresseurs et 4,5 % un traitement par neuroleptiques. Ces proportions sont nettement plus élevées que celles observées dans l’ensemble de la population (selon l’enquête ESPS, la prise d’antidépresseurs au cours des dernières 24 heures serait le fait, en 2002, de 2,2 % des hommes âgés de 25 à 54 ans et celle de neuroleptiques de 1,2 %). Parmi les entrants en prison suivis avant leur incarcération pour des problèmes psychologiques, un peu plus de six sur dix ont un traitement en cours par médicaments psychotropes et près de trois sur dix disent avoir fait une tentative de suicide dans les douze mois précédant leur incarcération, dont plus des deux tiers (70 %) déclarent, de plus, un traitement en cours par médicaments psychotropes.
Les médecins qui procèdent à l’examen médical à l’arrivée en prison prescrivent une consultation spécialisée en psychiatrie à près de 10 % des personnes nouvellement incarcérées. Toutefois, cette consultation n’est
demandée que pour environ 44 % de ceux qui déclarent avoir eu un suivi psychiatrique dans les douze mois précédant l’incarcération, un tiers de ceux qui ont un traitement en cours par médicaments psychotropes et 42 % de ceux qui déclarent avoir fait une tentative de suicide dans les douze mois précédents. Par ailleurs, une consultation spécialisée pour un motif lié à l’usage problématique de drogues illicites est prescrite à 6,3 % des entrants et pour un motif lié à l’usage problématique d’alcool à 6 % d’entre eux.
Globalement, en 2003, près d’un entrant en prison sur cinq (19 %), est
dirigé vers une consultation de psychiatrie, d’alcoologie ou de toxicomanie, certains d’entre eux pouvant nécessiter plusieurs types de prises en charge. Cette proportion est très inférieure à celle des personnes nouvellement incarcérées repérées comme nécessitant un suivi psychologique dans l’enquête réalisée dans les services médico-psychologiques régionaux (SMPR) en 2001 (52 %). Cette différence tient vraisemblablement en partie à la spécificité des médecins ayant réalisé cette enquête, des psychiatres dont la mission est de détecter le troubles psychiques, mais aussi au fait qu’il est sans doute plus facile d’organiser ce suivi dans un établissement pénitentiaire disposant d’un SMPR. En 2003, près de la moitié des entrants en prison ont été incarcérés dans un établissement doté d’un SMPR. Par conséquent, la proportion de nouveaux détenus orientés vers un spécialiste en santé mentale ou en prise en charge des conduites addictives est vraisemblablement plus élevé que celui constaté à travers la prescription de consultations spécialisées de ce type. En effet, si l’on considère que le mode de fonctionnement des SMPR n’a pas changé par rapport à celui décrit dans l’enquête de 2001, vingt-quatre des vingt-six SMPR voient, en 2003, tous les entrants des établissements pénitentiaires dans lesquels ils sont installés, qu’il y ait eu ou non prescription d’une consultation spécialisée en psychiatrie, alcoologie ou toxicomanie à l’issue de la visite médicale d’entrée. De ce fait, ce sont, en 2003, 43 % des personnes entrant en prison qui bénéficient d’une évaluation psychologique systématique. Par ailleurs, dans les établissements où sont installés les deux SMPR qui ne voient pas tous les entrants, une consultation en psychiatrie, alcoologie ou toxicomanie est prescrite, à l’issue de la visite médicale d’entrée, à un entrant sur quatre. Cette fréquence est plus élevée que dans les établissements pénitentiaires sans SMPR, rattachés aux secteurs de psychiatrie générale, dans lesquels une telle prescription est faite à environ un entrant sur cinq (19 %). Au total, en 2003, plus d’un entrant en prison sur deux (54 %) est ainsi appelé à voir un professionnel spécialisé en santé mentale, alcoologie ou toxicomanie. Une analyse « toutes choses égales par ailleurs » confirme la différence de prescription d’une telle consultation en fonction de la nature de la structure psychiatrique à laquelle les établissements pénitentiaires sont rattachés. Elle montre, ainsi, qu’à caractéristiques sociodémographiques (sexe, âge, domicile, protection sociale, prise en charge médico-sociale de type AAH, invalidité ou longue maladie ou ALD), antécédents médicaux avant l’incarcération (suivi psychiatrique, tentative de suicide, consultation ou visite médicale), niveau de consommation de substances psychoactives (alcool, tabac, drogues illégales, médicaments psychotropes) et statut sérologique VIH, VHB et/ou VHC identiques, la probabilité qu’une consultation spécialisée en psychiatrie, alcoologie ou toxicomanie soit prescrite à l’issue de l’examen médical d’entrée est plus élevée dans les deux établissements pénitentiaires
disposant d’un SMPR sans que celui-ci examine tous les entrants en prison que dans ceux rattachés à un secteur de psychiatrie générale. Ces résultats semblent ainsi accréditer l’hypothèse d’une plus grande facilité d’accès à une consultation psychiatrique lorsque l’établissement pénitentiaire est rattaché à un SMPR.
Par rapport à 1997, la proportion d’entrants pour lesquels une consultation spécialisée en psychiatrie est prescrite n’a pas varié de manière significative.

À leur arrivée en prison, 70 % des mineurs fument et 20 % ont une consommation excessive d’alcool...

La détention est exceptionnelle avant 15 ans et, en 2003, les deux tiers des mineurs qui arrivent en prison sont âgés de 17 ans. Bien que naturellement inférieures à celles des entrants en prison majeurs, les proportions de ceux qui déclarent des consommations de substances psychoactives atteignent des niveaux importants. Ainsi, en 2003, sept mineurs arrivant en prison sur dix déclarent fumer du tabac et la consommation quotidienne dépasse 20 cigarettes pour 5 % d’entre eux. La prévalence du tabagisme quotidien est ainsi près de trois fois plus élevée chez les jeunes arrivant en prison qu’en population générale [14]. Toutefois, la diminution de la fréquence de la consommation quotidienne de tabac observée par rapport à 1997 chez les mineurs entrant en prison s’inscrit dans la même tendance que celle observée en population générale chez les adolescents de 12 à 18 ans [15].
Près d’un mineur nouvellement incarcéré sur cinq déclare avoir une consommation d’alcool qui apparaît excessive, huit fois sur dix sur le mode discontinu. Là encore la pratique de ces jeunes diffère sensiblement de celle de leurs homologues pour lesquels la consommation excessive fréquente d’alcool demeure relativement rare [16].
Près de quatre mineurs entrant en prison sur dix déclarent, en outre, une
utilisation habituelle de drogues illicites dans les douze mois précédant l’incarcération. Il s’agit de cannabis le plus souvent utilisé à titre exclusif. La consommation est également, pour ce produit, nettement plus répandue qu’en population générale (selon l’enquête Escapad, environ un garçon sur sept âgé de 17 ans déclare une consommation régulière de cannabis en 2003). Par rapport à 1997, l’augmentation de la proportion de mineurs entrant en prison qui déclarent une utilisation régulière de cannabis correspond à une augmentation observée en population générale pour les garçons comme pour les filles. L’utilisation régulière des opiacés (héroïne, morphine, opium), de la cocaïne ou du crack est relativement rare et concerne environ 2 % des mineurs entrant en prison [17]. L’augmentation observée entre 1997 et 2003 de l’usage régulier d’autres produits provient vraisemblablement de l’ecstasy. Selon l’enquête Escapad, 4,1 % des garçons déclarent l’avoir expérimentée en 2003 contre 2,8 % en 2000. L’usage régulier fréquent de drogues illicites, par ailleurs très rarement utilisées par les jeunes, parmi les mineurs entrant en prison est, vraisemblablement liée à leurs motifs d’incarcération. Selon l’administration pénitentiaire, les infractions à la législation sur les stupéfiants ont été, à titre principal, à l’origine d’environ 5 % des incarcérations de mineurs intervenues en 2003.
Enfin, un mineur arrivant en détention sur treize déclare déjà suivre un traitement par médicaments psychotropes.

... et un sur huit est orienté vers une consultation spécialisée en psychiatrie

En 2003, à l’examen clinique, les médecins ont jugé les mineurs nouvellement incarcérés en bon état général dans 91 % des cas et constaté un bon état bucco-dentaire dans 63 % des cas. Cependant, cette enquête réalisée à l’arrivée en prison, fait apparaître pour eux une nécessité fréquente de soins ou d’évaluation en santé mentale : une consultation
spécialisée en psychiatrie est prescrite, à l’issue de l’examen médical d’entrée, à 12,1 % d’entre eux.
Leur probabilité de contamination par des maladies virales liée à la toxicomanie semble par contre plus limitée. Seuls 1 % des mineurs entrant en prison déclarent avoir déjà utilisé de la drogue par voie intra-veineuse au moins une fois dans leur vie (contre 6,5 % pour l’ensemble des entrants en prison) et aucun ne déclare une séropositivité pour le VIH, le VHB et/ou le VHC. Enfin, en 2003, près du quart des mineurs nouvellement incarcérés déclarent une vaccination complète contre l’hépatite B contre environ un tiers en 1997. Ce recul, est probablement à relier à la baisse d’ensemble de la vaccination intervenue au cours des années quatre-vingt-dix.
Cependant, compte tenu du petit nombre de mineurs entrant en prison, les évolutions constatées entre 1997 et 2003 n’apparaissent pas, pour la plupart, statistiquement significatives.

Chez les femmes entrant en prison, les prévalences de consommation de substances psychoactives sont plus proches de celles des hommes que dans l’ensemble de la population

Comme en 1997, les femmes entrant en prison en 2003 déclarent faire usage de substances psychoactives moins souvent que les hommes. Ainsi, à l’arrivée en prison, un peu moins de deux femmes sur trois (63 %) déclarent fumer du tabac quotidiennement contre près de quatre hommes
sur cinq (78,5 %). De même, la déclaration d’une consommation excessive d’alcool [18] concerne environ une femmes sur cinq (17 %) contre près d’un homme sur trois (32 %). L’utilisation régulière de drogues illicites dans les douze mois précédant l’incarcération est, quant à elle, déclarée par près d’une femme sur cinq (19 %) et un peu plus d’un homme sur trois (34 %). Enfin, un traitement en cours par médicaments psychotropes est déclaré par 14 % des femmes entrant en prison contre 15 % des hommes.
Mais l’analyse des taux standardisés tenant compte de la structure par âge des entrants en prison montre que le nombre de femmes qui, en leur sein, se déclarent consommatrices de substances psychoactives atteint en réalité des niveaux élevés par rapport à l’ensemble de la population. Ainsi, à structure d’âge identique, les écarts de prévalence de consommation
de substances psychoactives constatés entre les femmes et les hommes
sont généralement plus faibles parmi les détenus nouvellement incarcérés.
La prévalence d’un tabagisme quotidien important est sept fois plus élevée
parmi les femmes entrant en prison que parmi les femmes en population générale. La proportion standardisée des entrantes qui fument quotidiennement plus de 20 cigarettes est ainsi presque équivalente à celle des hommes, alors qu’en population générale elle est 3,3 fois moins élevée. Pour les fumeuses quotidiennes de moins de 21 cigarettes, la situation apparaît un peu moins défavorable et leur prévalence standardisée est 1,8 fois plus élevée chez les entrantes que chez l’ensemble des femmes. À l’opposé, le taux standardisé de non fumeuses est 1,5 fois plus élevé chez
les femmes en population générale que chez les nouvelles détenues.
La prévalence d’une consommation excessive d’alcool est, quant à elle, quatre fois plus élevée parmi les femmes entrant en prison que parmi l’ensemble des femmes. La proportion standardisée d’entrants en prison se déclarant buveurs excessifs est ainsi environ deux fois moins élevée chez les femmes que chez les hommes, alors qu’en population générale elle l’est près de quatre fois moins.
Par ailleurs, les femmes entrant en prison déclarent un peu moins souvent
que les hommes une consommation régulière de drogues illicites dans l’année précédant l’incarcération (taux standardisé 1,3 fois inférieur à celui des hommes). Elles se déclarent également moins souvent poly-consommatrices (taux standardisé d’utilisatrices d’au moins deux drogues illicites 1,8 fois moins élevé que celui des hommes). En outre, la proportion standardisée de consommateurs réguliers de cannabis est environ deux fois moins élevée chez les femmes que chez les hommes qui entrent en prison, contre quatre fois moins dans l’ensemble de la population. Cette prévalence élevée d’utilisation de drogues illicites chez les femmes qui entrent en prison est vraisemblablement en partie liée à la sur-représentation en prison des femmes incarcérées pour infraction à la législation sur les stupéfiants.
Comme dans l’ensemble de la population, les femmes qui entrent en prison
consomment davantage de médicaments psychotropes que les hommes. La proportion standardisée de consommatrices de ces médicaments est 1,6 fois plus élevée que celle des hommes à l’entrée en prison et 1,7 fois en population générale. La fréquence de consommation de ces médicaments est ainsi environ trois fois plus élevée parmi les entrants en prison que dans l’ensemble de la population, pour les hommes comme pour les femmes.
Par rapport à 1997, on enregistre une forte hausse de la prévalence de l’alcoolisme excessif, déclaré, en 2003, par environ une femme nouvellement incarcérée sur six contre environ une sur dix en 1997. Par ailleurs, la prévalence du tabagisme quotidien ne diminue pas chez elles de façon statistiquement significative. En revanche, la proportion de nouvelles
détenues déclarant un traitement en cours par médicament psychotrope diminue essentiellement du fait des anxiolytiques ou hypnotiques (12 % en 2003 contre 24 % en 1997). De même la prévalence de la toxicomanie parmi les femmes entrant en prison est moins élevée en 2003 qu’en 1997 (respectivement 19 % et 26 %). Cette diminution est à relier à celle enregistrée par la part des femmes incarcérées, à titre principal, pour infraction à la législation sur les stupéfiants qui, selon l’administration pénitentiaire, est passée de 21 % en 1997 à 14 % en 2003.

Les femmes entrant en prison requièrent plus de soins que les hommes

Femmes et hommes arrivant en prison sont aussi fréquemment jugés en bon état général (environ 80 % des cas), mais, en 2003, 2,7 % des entrantes ont été trouvées en « mauvais état général ». En revanche, les femmes ont un meilleur état bucco-dentaire : il a été jugé bon par le médecin pour 53 % d’entre elles (contre 47 % des hommes) et pratiquement aucune femme ne requiert de soins dentaires urgents alors que c’est le cas de 2,8 % des hommes.
Comme les hommes, les femmes entrant en prison déclarent avoir moins souvent eu des contacts avec le système de soins que dans l’ensemble de la population. Ainsi, par exemple, un peu plus d’une femme sur deux (54 %) déclare avoir vu un médecin en consultation ou en visite dans les douze mois précédant son incarcération [19]. De même, un peu plus du quart
(27 %) des femmes entrant en prison déclare avoir eu un suivi gynécologique dans les douze mois précédents. Compte tenu de l’âge de ces femmes (30 ans en moyenne), cette proportion apparaît également beaucoup plus faible que celle observée dans l’ensemble de la population [20]. Ces résultats sont probablement en partie liés aux conditions de vie difficiles d’une grande partie d’entre elles lorsqu’elles étaient en liberté : plus d’une sur trois déclare ne pas avoir de domicile stable et près d’une sur trois ne pas avoir de protection sociale (contre respectivement un sur six et un sur huit pour les hommes entrant en prison).
À l’arrivée en prison, les femmes se déclarent plus souvent que les hommes traitées pour des maladies cardiovasculaires. La proportion d’entrantes prenant des médicaments en rapport avec ces pathologies atteint, en effet, 4,4 % (contre 2,2 % pour les hommes).
Les femmes arrivant en prison sont également plus touchées que les hommes par le sida et l’hépatite B. Les taux de séroprévalence [21] s’élèvent, pour elles, respectivement à 3,8 % et 2 % contre 0,9 % et 0,8 % pour les hommes. Par ailleurs, elles se déclarent beaucoup moins souvent que les hommes vaccinées contre l’hépatite B : un peu moins
d’une sur cinq contre près d’un homme sur trois. En revanche, elles déclarent être atteintes par l’hépatite C un peu moins souvent que les hommes (2,6 % contre 3,2 %).
À l’issue de la visite médicale d’entrée, un examen d’imagerie (hors dépistage de la tuberculose et radio dentaire) est préconisé à un peu plus d’une femme entrant en prison sur quatre contre à un peu moins d’un homme sur six. De même, la prescription de consultations spécialisées pour au moins un des problèmes somatiques retenus dans l’enquête [22] est plus fréquente pour elles et concerne environ une femme sur dix contre environ un homme sur seize. Toutefois, bien que quatre entrantes sur cinq aient entre 18 et 44 ans une consultation spécialisée en gynécologie n’a été prescrite qu’à environ une entrante sur quatre (23 %).
Enfin, la nécessité d’un suivi psychologique est apparu aux médecins plus
fréquente pour les femmes entrant en prison que pour les hommes : hors motifs liés à l’alcoologie et à la toxicomanie, une consultation spécialisée en psychiatrie est prescrite à l’entrée en prison à, environ, une femme sur sept et un homme sur onze.
Les femmes entrant en prison en 2003 ont été un peu moins souvent créditées d’un bon état bucco-dentaire qu’en 1997 (53 % contre 57 %). En revanche, la proportion de celles jugées en bon état général n’apparaît pas statistiquement significativement différente de celle observée en 1997. Toutefois, on note une augmentation de la proportion d’entrantes souffrant de maladies cardiovasculaires. En effet, en 2003, 4,4 % d’entre elles
déclarent un traitement en cours par des médicaments contre l’hypertension ou l’angine de poitrine ou des anticoagulants contre 1,2 % en 1997. Concernant les maladies infectieuses chroniques, on constate
une diminution de la proportion d’entrantes se déclarant infectées par le VIH, l’hépatite B et/ ou l’hépatite C (4,6 % en 2003 contre 9,6 % en 1997), liée à une diminution importante de la séroprévalence déclarée de l’hépatite C (2,6 % en 2003 contre 6% en 1997), tandis que celles du VIH et de l’hépatite B ne varient pas de façon significative. Cette dégradation de l’état de santé des femmes entrant en prison semble devoir être mise en relation avec les difficultés accrues de leurs conditions de vie lorsqu’elles étaient en liberté.

Source : http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er386.pdf

Notes:

[1Enquêtes multithématiques et répétées régulièrement au cours du temps réalisées par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes)

[2Enquête santé et protection sociale réalisée par l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes)

[3Les taux de prévalence pour les infections à VIH, VHB ou VHC indiqués dans cette étude ont été calculés en rapportant le nombre de personnes se déclarant
séropositives au nombre total d’entrants en prison et non seulement au nombre, de personnes ayant déclaré avoir fait des tests de dépistage. Il s’agit donc de minima reposant sur l’hypothèse que les entrants n’ayant jamais fait de tests de dépistage ou déclarant ignorer leur statut sérologique bien qu’ayant été testés ou n’ayant pas répondu à ces questions sont tous séronégatifs.

[4L’enquête « un jour donné » réalisée par la direction de l’Hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos) sur les infections à VIH ou VHC en milieu pénitentiaire indique qu’en juin 2003, 1,1 % des personnes incarcérées en maison d’arrêt étaient connues des soignants comme atteintes par le VIH le jour de l’enquête, contre 1,6 % en 1997, et 4,8 % par l’hépatite C, contre 4,2 % en 2000

[5Ainsi, par exemple, l’enquête sur la prise en charge des toxicomanes réalisée depuis 1987 par la Drees évaluait, dans les centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST), la séroprévalence pour l’infection à VIH à 16 % en 1997 et 9 % en 2003 et celle pour l’hépatite C à 52 % en 1997 et 41 % en 2003 (les prévalences VIH et VHC issues de cette enquête et indiquées ici sont calculées en faisant l’hypothèse que les toxicomanes dont le statut sérologique est inconnu se répartissent de la même façon que ceux dont le statut sérologique est connu)

[6Enquête permanente sur les conditions de vie réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)

[7Définie, dans l’enquête, comme supérieure ou égale à cinq verres par jour pour les hommes et trois verres par jour pour les femmes quand elle est régulière, et supérieure ou égale à cinq verres consécutifs au moins une fois par mois quand elle est discontinue

[8L’enquête sur les représentations, opinions et perceptions sur les psychotropes (Eropp) réalisée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) relevait, en 2002, un usage de cannabis au cours de l’année pour 9 % des hommes et 6 % des femmes, âgés de 18 à 75 ans

[9L’enquête Eropp relève une augmentation, entre 1999 et 2002, aussi bien de l’expérimentation du cannabis que de son usage dans les douze derniers mois, confirmant la banalisation de ce produit en particulier chez les jeunes adultes. Le cinquième rapport du dispositif Trend (Tendances récentes et nouvelles drogues), dispositif d’observation sur les usages et usagers de drogues illicites mis en place en 1999 par l’OFDT, indique, en 2003, une poursuite de la diminution des pratiques d’injection et de la diffusion des usages de cocaïne et d’ecstasy

[10Les protocoles de traitement de substitution en cas de dépendance aux opiacés sont organisés autour de deux médicaments le subutex et la méthadone. La prédominance du premier s’explique par le fait qu’il peut être prescrit par tous les médecins tandis que le second ne peut être initié que dans un centre spécialisé ou dans un établissement de soins

[11L’enquête sur l’accès aux traitements de substitution dans les établissements pénitentiaires, enquête « un jour donné » réalisée par la direction générale de la Santé (DGS) et la direction de l’Hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), indique qu’en 2001, la prescription d’au moins un traitement à la méthadone
avait concerné 49 % d’entre eux. La même enquête réalisée en février 2004 montre qu’une telle prescription avait, alors, été faite dans 74 % des établissements et que 6,6 % des détenus bénéficiaient d’un traitement de substitution, par méthadone dans un cas sur cinq

[12Indicateurs suivis par l’OFDT pour l’ensemble de la population adulte

[13Toutefois, dans l’ensemble de la population, les jeunes adultes masculins s’estiment en moins bonne santé mentale que les hommes plus âgés : selon le même Baromètre santé, le score de santé mentale s’améliore nettement pour les hommes avec l’avancée en âge de même que les scores de dépression et d’anxiété.

[14Selon l’enquête Espad (European school survey project on alcohol and other drugs) dont le volet français est réalisé par l’OFDT et l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) auprès des collégiens et lycéens âgés de 12 à 18 ans, le tabagisme quotidien concerne, en 2003, 21 % des garçons âgés de 16 ans et 29 % de ceux âgés de 17 ans

[15Pour eux, la prévalence du tabagisme quotidien a diminué depuis les années 1970 jusqu’au début des années 1990, puis augmenté entre 1993 et 1999 et de nouveau diminué entre 1999 et 2003

[16Selon l’enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense (Escapad) réalisée par l’OFDT, en population générale, un garçon sur dix âgé de 17 ans déclare, en 2003, des ivresses régulières (au moins dix au cours de l’année)

[17Pour ces produits l’enquête Escapad relève uniquement des niveaux d’expérimentation s’élevant, en 2003, pour les garçons, à 2 % pour la cocaïne, 1 % pour l’héroïne et 0,6 % pour le crack

[18Cf. note 7

[19Selon le Baromètre santé, en 2000, neuf femmes sur dix avaient consulté un médecin généraliste dans les douze mois précédents

[20Selon l’enquête ESPS, la proportion de femmes ayant eu un examen gynécologique dans les dix-huit derniers mois était, en 2002, d’environ 54 % pour les femmes âgées de 18 à 24 ans, 76 % pour celles âgées de 25 à 34 ans et 71 % pour celles âgées de 35 à 44 ans

[21Cf. note 3

[22Ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie, dermatologie, hépato-gastro-entérologie, maladies infectieuses, maladies cardiovasculaires, pneumologie